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Dimanche 20 mars 2011 7 20 /03 /Mars /2011 18:29

 

  chapeau cowboy  Si je reprends la plume après un si long silence, c'est tout d'abord pour faire un peu d'élagage sur ce blog car j'ai noté que des bandeaux publicitaires avaient proliféré en mon absence, telles des herbes folles prenant possession d'un lieu trop longtemps inhabité.

Ensuite, comme vous l'aurez remarqué, mes récits se sont arrêtés en plein élan, c'est-à-dire au moment où j'essayais de lutter contre le froid et la crevaison au cœur des somptueuses Flinders ranges. Pourquoi donc?

Ce n'est pas que les péripéties ont manqués depuis (oh que non!), mais tout simplement parce que j'ai terminé mon périple et que depuis quelques mois, je consacre toute mon énergie à assurer ma survie dans un milieu autrement plus hostile que le bush australien : j'ai nommé la France en 2011.

Mais qu'on se rassure : les récits de ma carrière de foraine, de mes rencontres improbables, de ma nuit à la belle étoile sur une île déserte, de la course de chameau, et de ma course à l'or ne resteront pas dans les tiroirs à prendre la poussière. S'ils n'ont plus lieu d'être publiés sur ce blog, ils le seront un jour sur papier, car c'est un matériau qui me tient à cœur. Pour ceux qui voudront connaître la suite (et pour ma mère qui déteste lire sur un écran).

Quoiqu'il en soit, je vous tiendrait averti! En attendant, je vous laisse à vos propres aventures, car le quotidien est lui aussi plein de péripéties!

Par capucine
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Mercredi 30 juin 2010 3 30 /06 /Juin /2010 10:40


  reveil-givre.jpg   Pour clôre la série Arkarrola, je tiens à préciser que de retour de notre expédition aux sources chaudes, nous avons constaté que les pneus n'avaient été les seuls à souffrir : avec les secousses, le couvercle de la confiture s'était ouvert tout seul, on a donc retrouvé le contenu de la glacière baignant dans un mélange de confiture et de glaçons fondus. La moitié des œufs étaient cassés, bien évidemment.

 

D'autre part...

Même en nous pressant, nous n'avons pas réussi à arriver au camping avant la nuit. La température ayant atteint entre temps celles du cercle polaire, c'est habillés comme au ski que nous sommes hâtés aux douches, dans des sanitaires nimbés d'une lumière jaune citron et ouverts aux quatre vents. L'eau était chaude mais rare et de couleur (et odeur) boue, aussi je ne suis pas sûre que ça m'aie vraiment lavée mais je me suis consolée en me disant qu'un masque intégral « terre d'Arkarrola » ne pourrait pas faire de mal à mon épiderme.

 

Ensuite....

Les heures passant ça ne s'est pas arrangé niveau température. Même couverts de tout ce que notre valise contenait de chaud (bonnet+capuche, gants, écharpe, polaire, legging + pantalon, veste...etc), c'est tout juste si on devait pas s'assoir dans le feu pour se réchauffer.

C'est le moment que j'ai choisi pour me lancer dans la fabrication d'un gâteau au citron avec les deux œufs survivants. Lorsque Gaspard a fini par sortir le thermomètre et m'a annoncé -3°, j'ai mieux compris pourquoi j'avais les mains gelées dans la pâte...

Et devinez quoi? Ce gâteau au citron a été ma plus grande réussite en pâtisserie. Comme quoi, ils ont raison dans les livres de cuisine, ce qui compte c'est que les ingrédients soit à température ambiante.

 

Et pour finir...

Malgré le legging, le sac de couchage, la couette en plume, la couverture en polaire, et le bonnet sur la tête, nous avons passé la nuit à lutter contre le froid, et d'autres dangers car à force de vouloir boucher toutes les issues au froid j'ai failli me retrouver étouffée dans la capuche de mon sac de couchage.

Après cette nuit en pointillé, nous avons eu la délicieuse surprise de trouver du givre sur les vitres intérieures au réveil...un coup d'œil au thermomètre nous a confirmé que, non, nous ne rêvions pas : 2° dans la voiture au matin, ce qui laissait imaginer que dans la nuit nous avions frôlé le 0.


Par capucine - Publié dans : Petits tracas
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Mardi 29 juin 2010 2 29 /06 /Juin /2010 12:24

  sources-chaudes-radioactives.jpg   Arkaroola nous réserve encore des surprises.

 

Vu les températures qu'il a fait ces derniers jours dans les Flinders, nous n'avons pas abusé de la douche solaire...Aussi lorsque nous avons appris qu'il se cachait à quelques encâblures d'Arkaroola une source chaude naturelle, nous avons flairé le bon plan : avec un bain, nous allions pouvoir lier l'utile à l'agréable.

Nous nous sommes rués sur le centre d'information pour recueillir plus d'information sur cette source miraculeuse, et là tous nos rêves de propreté se sont écroulés.

 

Car l'eau y est chauffée naturellement, certes, mais par des gisements souterrains d'uranium... C'est un phénomène unique au monde, paraît-il, mais bizarrement personne ne s'en vante trop dans le coin. En tout cas, niveau ablution, on repassera. Même respirer autour trop longtemps peut être « hazardous » vu qu'il s'en dégage des gaz de radium, d'hélium et autres composants chimiques plus ou moins nocifs.

Il n'en fallait pas plus pour piquer notre curiosité. L'accès n'étant pas interdit (il faut juste s'armer de patience et d'un 4x4 bien surélevé), nous avons fait le plein, réservé notre après-midi pour partir à l'aventure.

 

Au début, en roulant à 20km/h ça cahotait mais ça allait.

Jusqu'à ce que la piste bifurque en deux itinéraires : un panneau indiquait que l'un d'eux était pour 4x4 uniquement mais disposé de telle façon qu'il était impossible de savoir lequel il désignait. Le premier faisait grimper sur un dos d'âne qui ressemblait à un bout de piste noire de ski, le deuxième proposait un chemin à plat mais parsemé de rochers énormes qui n'allaient pas manquer de crever un pneu ou arracher le bas de caisse.

Après un long temps de délibération, nous avons opté pour le dos d'âne en priant pour que Pageo ne nous lâche pas en plein milieu.

Que nenni! En faisant chauffer à fond le moteur nous sommes arrivés en haut du dos d'âne et avons tout redescendu sans lâcher le frein.

 

C'était l'avertissement, c'était « Est-tu sûr que tu veux continuer? Parce que tu sais, tu vas en baver... ». Mais ignorant la voie de la sagesse, nous avons continué à nous enfoncer dans ces montagnes inhospitalières, et effectivement nous avons serré les fesses plus d'une fois au cours des heures suivantes...des traversées de lit de rivières hérissées de caillasses pointues, des portions étroites avec vue plongeante sur le vide, des montées cabossées et glissantes. Autant dire que Pageo nous a secoué en tout sens, c'était pire qu'un tour de dromadaire.

Malgré la route accidentée, ou plutôt grâce, nous avons eu le temps d'admirer le paysage, qui était aussi splendide que sauvage : eh oui, deux heures pour faire 26 km. Au bout de ces deux heures éprouvantes on s'est mis à espérer qu'on s'était pas cassé les pneus, les suspensions et la colonne vertébrale pour rien. Elle avait intérêt à assurer cette source chaude!

 

En fait, elle était tellement grandiose qu'on a du mal à la trouver. Après avoir fait le tour à pied de la zone indiquée, on s'est rendu compte que le bassin principal c'était la marre verdâtre qu'on avait passé en premier. Quoi? C'est ça le phénomène unique au monde?

La première déception passée, on s'est rendu compte en observant de plus près qu'il se passait des trucs assez marrant là-dedans. Déjà, la couleur verte de l'eau, se détachant sur les rochers ocres, puis la fumée qui se dégageait par endroit (des vapeurs de radium et d'hélium mais pas assez pour nous donner une voix bizarre) et des flopées de bulles s'échappant des profondeurs. En bref, on se serait cru devant la marmite d'une sorcière.

Amusant, certes, mais cela valait-il le coup de se cogner 4h de route (cogner étant exactement le bon terme) ? On ne s'est pas posé la question trop longtemps car il fallait qu'on garde un peu de courage pour les 2h du retour...

 

 

Epilogue : Finalement on a pas regretté une seconde cette folle expédition (car mettre en danger notre Pageo pour aller s'irradier devant une marre effervescente n'avait rien de bien rationnel). Déjà on fait partie des rares personnes à avoir vécu cette expérience et en plus maintenant on sait qu'on peut rouler vraiment partout!


Par capucine - Publié dans : Aventure
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Lundi 28 juin 2010 1 28 /06 /Juin /2010 15:49


  arkaroola.jpg  Situé dans la partie nord de la chaîne des Flinders, Arkaroola est d'après le Lonely planet, le village le plus petit et plus isolé d'Australie : 5 habitants permanents.

On a vite compris pourquoi : l'unique piste qui mène au village (et nulle part ailleurs, c'est un cul de sac) est sinueuse et pleine de tôle ondulée, et le paysage alentour est complètement désolé, des montagnes rocheuses totalement dépourvue de végétation.

Mais bizarrement le charme opère. Oui, ce nid d'aigle possède une genre d'aura inexplicable.

 

En tout cas ce n'est pas le visitor center qui nous apportera des réponses sur la question. L'endroit a l'air d'avoir été déserté depuis des décennies : les papiers sont jaunis, les panneaux se décollent, les objets disparaissent sous des couches de poussière et des toiles d'araignée tapissent les vitrines. Pour ajouter au style « maison hantée », je découvre dans un sursaut un énorme python roulé en boule sur une table...Gaspard me rassure, il est en plâtre! Mais dans la pièce d'à côté il y a l'original, roulé dans la même position dans un vivarium. Je les soupçonne d'avoir fait le moulage directement sur lui et apparemment il n'a pas bougé depuis ça. Ce que je comprend vu l'ambiance mortelle qui règne dans la pièce. Je me demande qui a eu la cruauté de l'abandonner ici.

 

Ce qu'on devine à l'observation des lieux, on le découvre en feuilletant l'histoire de la région : Arkaroola a eu une enfance difficile...on peut même dire que c'est « Jo la poisse ».

L'endroit est découvert en 1840 par l'explorateur Edward Eyre arrivant par le mont Hopeless (ça aurait du leur mettre la puce à l'oreille). Les pionniers sont optimistes : sous ces roches inhospitalières, il doit bien se cacher un peu d'or...en guise d'or, c'est du cuivre que l'on découvre. Une petite ruée au cuivre qui s'essouffle rapidement vu la faiblesse du gisement. Une terrible sècheresse en 1863 achève de faire fuir tout le monde. Fausse joie.

En 1910, certains ne sont pas découragés et mettent la main sur un gisement d'uranium. C'est de nouveau l'excitation générale...sauf que une fois de plus Arkaroola ne tient pas ses promesses : le gisement, peu productif, est rapidement épuisé, et la région de nouveau déserté.

En 1937, on tente une nouvelle approche. Puisque niveau exploitation de rocaille, c'est pas trop ça, on se lance dans l'exploitation de bétail. Bilan quelques années plus tard : les moutons se cassent les pattes dans les rochers, meurent de froid puis de chaud, de faim et de soif! Il faut dire qu'il pleut une fois par an et que les rares végétations sont dévorés par les ânes et les chameaux sauvages rescapés de l'époque des pionniers (voir "bestiaire"). Et je ne parle pas des invasions de sauterelles.

Suite à cette dernière faillite, l'unique famille restante (les fameux 5 habitants!) décide de tenter la carte du tourisme : Arkaroola sera un parc national! Mais la série noire continue puisque le dossier est rejeté 3 ou 4 fois, jusqu'à ce qu'à force d'obstination, le massif obtienne le statut de « Wildlife sanctuary» en 1996.

C'est le happy end auxquel on ne croyait plus.


Ainsi à grâce au charme indescriptible (et visiblement addictif) de cette région sauvage, les australiens (et quelques jeunes français un peu fous) viennent visiter Arkaroola pour ses expéditions en 4x4 acrobatiques, ses sentiers de randonnées au milieu des falaises d'ocres et son observatoire astronomique.

 

Par capucine - Publié dans : Découvertes
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Jeudi 24 juin 2010 4 24 /06 /Juin /2010 15:32

 

 araignee-du-fil-a-linge.jpg  En prenant une nouvelle paire de chaussette dans son sac ce matin, Gaspard a eu une drôle de surprise...

Il lui a semblé apercevoir un petit caillou à l'intérieur de la chaussette droite, alors il la retourne et « oh! », en fait le petit caillou est orangé et il a des pattes. Non ce n'est pas un crabe mais une araignée toute bizarre! Passé le choc (j'aurais pas aimé que ça m'arrive un truc comme ça), nous nous sommes inquiétés de savoir comment la bestiole avait pu atterrir dans un endroit aussi inaccessible qu'une chaussette pliée dans un sac fermé.

La solution de l'énigme nous ai apparu quelques heures plus tard. Notre passager clandestin n'était autre que l'araignée du fil à linge du lodge. Elle avait du s'installer pénard dans une chaussette en train de sécher (vu qu'on laisse toujours notre linge trainer au moins deux jours sur le fil), et se faire embarquer au moment du ramassage. Ce qui veut dire qu'on la trimballe depuis deux semaines...et que du coup ça fait deux semaines qu'elle se serre la ceinture.

On l'a abandonné par terre, petit caillou parmi les autres, avec un pincement au cœur de l'avoir arraché ainsi à sa maison. En plein milieu des Flinders, elle n'est pas là de retrouver une chaussette accueillante, la pauvre.

Par capucine - Publié dans : Petits tracas
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