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Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /Fév /2010 07:02

 

 

 piste innondée    Depuis deux jours, nos yeux ne sont plus rivés au thermomètre mais au pluviomètre. 18Millimètres sont tombés suite à deux orages consécutifs, et la terre, tassée par trois mois de sécheresse, fait la grève de l'absorption. Le verdict des Rangers du parc vient de tomber : toutes les pistes aux alentours seront fermées pour au mois une semaine. Celui qui voudrait s'y aventurer malgré tout risquent d'une part de s'embourber sans que personne ne passe pour les secourir et d'autre part une fameuse amende pour dégradation de la chaussée.

 

Déjà qu'avec la chaleur nous nous ne voyions pas grand client, alors si l'unique route qui nous relie au monde est fermée, on n'a plus qu'à se mettre à la belote...ou à s'acheter une barque, vu que de part et d'autre de l'entrée du lodge la piste s'est transformée en couloir de nage de piscine olympique.

 

Par bonheur, il y a trois chambres froides au restaurant, aussi nous ne mourrons pas de faim. Mieux, il va falloir qu'on écoule les stocks de plats qui risquent de se perdre. Dont les crèmes brûlées et les mousses au chocolat.

 

A quelque chose malheur est bon.




Par Miss Blabla - Publié dans : Petits tracas
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Samedi 13 février 2010 6 13 /02 /Fév /2010 14:51


Aujourd'hui est un grand jour. Jusque là, nous avions l'habitude d'être tous seuls au lodge, de nettoyer des bungalows vides et d'avoir le restaurant rien que pour nous. Mais aujourd'hui il va falloir partager l'espace car un groupe de 15 personnes vient dîner ce soir.


Il est temps pour moi de revêtir ma tenue de combat. Ballerine noire, robe et legging noir, et me voilà déguisée en serveuse. Je précise bien déguisée car à part le costume, je n'ai rien d'une serveuse. D'une part, je n'ai jamais fait ça de ma vie, et d'autre part, je suis d'une maladresse légendaire. Jacques le sait pourtant (sauf pour ma maladresse...), mais ça n'a pas l'air de l'affoler. D'emblée, il me confie la commande des boissons. Déjà rien que d'observer, planquée derrière le bar, la grande tablée d'inconnus qui parlotent, et je suis toute impressionnée. 

 

Hauts les coeurs! Chassant de ma pensée la vision d'un plateau rempli de verre à vin s'explosant sur le parquet verni, je m'approche subtilement de mes victimes attablées, armée d'un calepin, d'un crayon et d'un timide « Good evening............What would you like to drink? »

 

C'est alors que je réalise que le plus périlleux ne sera pas le porté de verres mais le déchiffrage de la commande. Si encore je connaissais la carte des boissons par cœur...Mais pas question de me trahir en faisant répéter. Au fur et à mesure de la commande, je note les sonorités sans comprendre un traitre mot, en espérant qu'une fois la carte sous les yeux je reconnaîtrai de quoi il s'agit...

De retour au bar, J. est là pour faire la traduction. Par bonheur, il ne s'attarde pas sur l'orthographe hasardeuse et les abréviations louches (de toute façon, j'ai écris tellement mal qu'on ne peut quasiment rien lire). Reste à livrer la marchandise. Je n'ai pas réussi à échapper aux verres à vin et c'est avec une grande fierté (et l'aide du plateau anti-dérapant) que je les ai apporté à destination en un seul morceau.

 

Mais l'épreuve du jour ne s'arrête pas là car le plat commun choisi pour la tablée est un plat en sauce or un chavirement d'assiette est si vite arrivé...Pour éviter ce genre d'accident, je préfère la sécurité au style : pas de troisième assiette posée sur le poignet, même si j'ai toujours rêvé de le faire! Toute occupée à marcher droit, à avoir l'air souriante et détendue, à repérer les gens à servir, à aborder le client du bon côté et à disposer l'assiette dans le bon sens, il y a plus d'une sauce qui a failli passer par dessus bord, mais seulement failli.


Une petite pause « plonge », le temps que tout le monde se baffre, et puis c'est reparti. Place au débarrassage, ou comment ramasser avec classe et habileté le petit fatras que chacun a éparpillé à sa place : l'assiette du pain, les miettes et les morceaux qui trainent, le papier du beurre, le couteau à beurre, les couverts, la serviette...avec en prime la désagréable impression de pénétrer dans l'intimité des gens (c'est vrai quoi, une assiette c'est personnel!). Sans compter que Jacques nous a mis en garde en cuisine contre le couteau fuyant, qui fait tobbogan dans l'assiette et entraîne tout sur son passage clouant un pied au sol à l'occasion. L'horreur. Pour éviter cela, un geste de plus à inclure dans la chorégraphie : glisser le couteau sous la fourchette retournée. Tout en récoltant avec le sourire les compliments pour le chef et en satisfaisant la curiosité des clients qui veulent savoir si je suis la fille du patron.


Après ça le périlleux ballet est terminé, il n'y a plus qu'à s'attaquer aux piles d'assiettes sales, et à côté ça paraît presque du repos!

 

Par Miss Blabla - Publié dans : Exploits
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Jeudi 11 février 2010 4 11 /02 /Fév /2010 09:10

 

 

  StandardTelephonique.jpg  Une petite phrase en apparence toute simple, n'empêche qu'au début il a fallu que je l'écrive et que je la répète plusieurs fois pour être sûre de ne pas bafouiller.

 

Il faut savoir qu'à la base, le téléphone et moi ça a toujours fait deux.

Ma mère a été standardiste, mais je n'ai manifestement pas hérité de ses dons au téléphone. Pire, cet appareil m'a longtemps terrorisé. Pour dire, mon baptême de coup de fil c'était à 15ans environ. Le drame : il a fallu que j'appelle le club d'équitation pour leur demander s'ils avaient retrouvé ma cravache.

 

La première fois que j'ai décroché le téléphone au boulot, ça a été catastrophique : j'ai tutoyé et plaisanté avec mon patron en étant persuadée qu'il s'agissait d'une collègue qui me faisait une blague. Et je n'en suis pas restée là : en plus de lui avoir manqué de respect, j'ai froissé sa virilité en lui avouant, toute confuse, que je l'avais confondu avec la fille du standard.

Puis à mon deuxième boulot, les fous rires étouffés de peu lorsqu'il fallait que je réponde aux appels externes en lançant d'un ton de secrétaire «D. Art B bonjour! », avec l'image du SAV d'Omar et Fred collée dans la tête...


Tout ça pour dire que me confier un standard est plus que risqué. Déjà en français, alors imaginez un peu en anglais. Pire, en anglais et en Australie.

 

Vous comprendrez donc que la première fois que je me suis retrouvée en charge de la réception, j'ai été flattée par cette marque de confiance et en même temps très embarrassée. Pas par le fait de vendre des cartes postales ou accueillir des clients mais par cette saleté de téléphone, vissé au bureau comme un débouche-évier à son sanitaire (pour reprendre Desproges), menaçant de sonner à chaque instant.


Car au delà de la phrase d'intro, c'est l'angoisse du vide : qu'est-ce qui m'attend à l'autre bout du fil? Un gars du cru avec un accent à couper au couteau ou une dame un peu pet-sec au débit avoisinant la vitesse du son? On a beau coller son oreille très fort au combiné, c'est pas pour ça qu'on décrypte mieux le flot de paroles qui nous arrive dessus.

 

Dans tous les cas, il faut rester digne. Mais comment? En faisant mine que ça grésille et en raccrochant? J'ai dit digne pas lâche... alors on demande poliment de répéter (en mettant des « could », des « please » et des « sorry »), puis au bout de la troisième fois, si la personne n'a pas déjà raccroché, on capitule. « I understand (mensonge de politesse) but I can't answer you and the manager is absent : would you give me your number, so that he could call you back later? » quelque chose comme ça, mais en bien plus chaotique.

 

Parfois quelques mots font surface dans la conversation : je les note précieusement en espérant que Jacques pourra en faire quelque chose : deliver, 22th of februarybooking, Sandra from ….holiday  … Mais n'est pas expert à Pyramid qui veut.

Parfois « Mrs. Annie Grip »s'appelle en fait « Mrs. Allship ».


On fait ce qu'on peut.




Par Miss Blabla - Publié dans : Petits tracas
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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /Fév /2010 13:13


wombat.jpg    « Mauvais ouvrier, mauvais outil » disait toujours mon horrible institutrice de CM2.

 

Mais elle n'avait pas tort. Aussi, pour faire un travail impeccable dans les chambres, j'ai mon escadron de propreté toujours prêt à l'action :

Quadie, mon petit quad vert (seulement deux pédales, plus marche avant et marche arrière, exactement ce qu'il me faut) qui me conduit à fond sur les lieux d'intervention.

Wombat, mon aspirateur bordeaux tout pataud mais qui se faufile partout.

Mop, ma fidèle serpillère jaune toujours accompagnée de son seau essoreur.

Pschit jaune et pschit bleu accrochés à l'arrière de Quadie.

Les deux inséparables : la « fesse » towel (le nom original est « face towel » mais dans le feu de l'action on prend pas le temps de prononcer « feyce » comme il se doit!) et la « hand towel » pour briquer la salle de bain (ici point d'éponges ou de chiffons pleins de germes et qui laissent des traces, c'est serviette blanc immaculée sinon rien).


Et pour finir, l'équipe des boîtes, les petites fragiles, à cause de qui il faut garer Quadie à l'ombre. Les boîtes à thé, à gâteaux, à sucre, à café, à décaféiné, celles à savon, gel douche, shampoing, après-shampoing et tout le tintouin.

 

 

Par Miss Blabla
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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /Fév /2010 11:48


Et c'est moi qui ai tout fait : bavardage avec le client, encaissement, rendu de monnaie ( sans calculette), tout ça en même temps.

Ça m'a épuisé pour la journée.

Petite nature, me direz-vous. Eh bien je voudrais vous y voir : déjà, c'était la première fois que j'utilisais une caisse électronique, et l'icône Coca il faut la trouver parmi les cartes postales et les savons à l'eucalyptus. Ensuite, je suis archi-nulle en calcul mental, alors quand on me paye en pièces de 20centimes que je dois recompter pour rendre la monnaie et en même temps raconter en anglais mon parcours depuis la maternelle (ok, j'exagère un poil, il me demandait comment je trouvais l'Australie) , il y a de quoi avoir les neurones qui s'affolent...

 


Par Miss Blabla - Publié dans : Exploits
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