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Mercredi 23 juin 2010 3 23 /06 /Juin /2010 01:27

 

 giant-wombat.jpg    Nous campons maintenant dans les montagnes à l'extrémité nord du parc national des Flinders. Nous sommes entourés de roches ocres abruptes tandis que dans le fond de la gorge un filet d'eau coule, bordé de végétation. C'est très beau mais on n'en profite pas longtemps vu qu'à 18h30 il fait nuit noire...ensuite, on n'a plus que les bruits de la nuit et la chaleur du feu pour nous tenir compagnie. Enfin presque. Gaspard me soutient qu'il a entendu une chèvre éternuer et qu'il a aperçu dans la pénombre un kangourou sauter dans les escarpements.

Je suis plutôt septique mais à partir d'une certaine heure toutes les interprétations sont permises.

 

Le lendemain matin, en se baladant dans le fond de la gorge à deux pas de notre campement, nous avons découvert la grotte du yéti des Flinders. Au début, je disais ça pour rigoler parce que de loin elle y ressemblait. Et puis en grimpant à l'intérieur, on a trouvé des petits ossements posés sur une pierre, comme les reliefs d'un dîner laissés sur la table.

On aurait bien attendu son retour, appareil photo en bandoulière, histoire de voir à quoi il ressemblait, mais on avait autre chose de prévu.

On se saura jamais, si ça se trouve c'était la tanière d'un Wombat géant à nez poilu rescapé de l'Age de Glace.

 

 

Par capucine - Publié dans : Découvertes
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Mardi 22 juin 2010 2 22 /06 /Juin /2010 04:18

 

 kangourou-foret.jpg   Nous faisons notre première étape dans les Flinders Ranges, une chaîne de montagne au nord du South Australia réputée pour ses formations géologiques étonnantes et ses sentiers de randonnées.

 

Notre campement dans une forêt fraîche et verdoyante est inhabituellement civilisé : on a des dizaines de voisins, de quoi se faire un barbec' au feu de bois, de vrais toilettes et des douches (que j'ai été incapable de retrouver après la tombée de la nuit, et j'ai failli passer la nuit à errer dans la forêt parce qu'en faisant demi-tour, résignée, je n'arrivais plus à localiser notre campement non plus).

Niveau voisin, on s'est vite rendu compte qu'ils n'étaient pas que bipèdes et anglophones. Dès le crépuscule des tas de petits kangourous poilus ont commencé à sortir d'on ne sait où, et à se balader entre les arbres. Un charmant tableau!

 

Ce n'est qu'à la nuit que nous avons réalisé que ces voisins étaient plutôt du genre envahissant. Nous étions autour du feu en train de regarder le pain cuire et les flammes danser (ce qui constitue l'essentiel de nos occupations après le coucher du soleil) lorsque deux kangourous ont fait irruption dans la lumière.

Au début, on était tout attendri de les voir s'approcher de la marmite de pain et se brûler le museau sur les braises, du coup on osait à peine bouger pour ne pas les effrayer.

Au milieu, vu comment ils prenaient leur aises, on s'est demandé s'ils avaient remarqué qu'on était là...on a regardé le plus grand lécher la farine sur la table avec étonnement.

A la fin, on s'est rendu compte qu'ils avaient bien noté notre présence mais qu'ils n'en avaient rien à cirer. On a commencé à se sentir un poil envahi et on a eu peur qu'ils nous décochent un coup de patte pour avoir un bout de pain. Alors, on s'est levé, Gaspard a brandi la pelle et on les a renvoyé paître dans leur sombre forêt.

 

Ces animaux sauvages, ils se croient vraiment chez eux.

Par capucine - Publié dans : Petits tracas
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Lundi 21 juin 2010 1 21 /06 /Juin /2010 12:13


   plaine south australia  Les grandes étendues du South Australia nous grandiosent. Nous traversons des plaines ocres-vertes, des villages décatis, des ruines d'anciennes fermes, nous sommes entourés de monts bleutés se perdant à l'horizon, sur des pistes tellement étroites qu'on croirait rouler au hasard dans le paysage.

 

De la matinée nous n'avons pas croisé un chat, à peine quelques kangourous. L'endroit est donc idéal pour étrenner en toute tranquillité notre douche solaire version de brousse, dont l'efficacité  n'a rien à envier aux panneaux photovoltaïques. En fait, c'est juste une poche en plastique noire munie d'un tuyau et d'un petit pommeau de douche. Après avoir chauffé quelques heures au soleil dans la voiture, l'eau glaciale atteint une température décente et il ne reste plus qu'à l'accrocher en hauteur sur une branche et se mettre en tenue d'Ève. C'est là que ça se complique. Déjà il faut s'assurer que la piste est assez peu fréquentée avant de se lancer dans un striptease, ensuite, il faut que le soleil ait suffisamment réchauffé l'air pour en avoir envie...

Ces deux éléments étant vaguement réunis aujourd'hui (si ce n'est un petit vent frais et la possibilité, infime mais présente, de voir un 4x4 faire irruption), je me suis jetée à l'eau.

 

Le verdict, à peine 5 minutes plus tard (il ne fait pas une chaleur au point de s'attarder) : la sensation de se doucher en pleine nature, en style Ushuaia, est totalement grisante. Mais pour le côté Ushuaia, il manquait quand même deux trois trucs : quelques litres d'eau supplémentaires (2L ça fait un peu juste...), une bonne dizaine de degrés de plus, des cheveux plus longs, une fleur d'hibiscus quelque part et un gel douche parfumé qui mousse à l'infini. Tout ce qui rend la douche en plein air glamour quoi!

Pour me consoler, je me suis dit que mon créneau c'était la douche écolo : technologie 100% naturelle, pas un centilitres d'eau gaspillée... Et puis même si mon gel douche, qui fait aussi produit vaisselle, shampoing et lessive, mousse autant qu'un après-shampoing et ne sent pas très bon, au moins il est bio-dégradable.

 

Et c'est lavés, rafraîchis, et la conscience propre que nous avons repris la route, cahin-caha, vers le massif des Flinders.

 


Par capucine - Publié dans : Petits tracas
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Dimanche 20 juin 2010 7 20 /06 /Juin /2010 10:25

  mouton-tonte.jpg   Au fait, je ne vous avez pas dit...

 

La famille de Gaspard a débarqué à Sydney, et nous avons été conviés à une sortie culturelle à la ferme de Tobruk, à 2h de la ville, une ancienne cattle station reconvertie au tourisme. Nous allions y vivre un concentré d'Australie : accueil par un « cow-boy à cheval » (je cite la description de la brochure), dégustation du traditionnel pain « Damper » et du thé « Billy », démonstration de tonte de mouton, repas « du bush » et pour finir initiation au maniement du fouet et du boomerang.

 

Nous, le folklore australien, ce n'est pas vraiment notre tasse de thé, mais le programme était alléchant et nous mourrions d'impatience de voir le très spontané accueil du cow-boy à cheval.

Nous n'avons été déçu à aucun point de vue. A peine entrés sur la propriété nous avons effectivement vu un cow-boy débarquer de nulle part et galoper en jouant du fouet à coté du car...! Quant à la cattle, elle avait gardé son esprit d'antan, avec plus de fleurs et moins de bazar, tourisme oblige.

Nous nous sommes assis autour d'un feu de camp pour assister à la préparation du thé et la sortie du pain Damper cuit au feu de bois. Une fois sorti de sa marmite en fonte, le fameux pain n'avait rien de la boule campagnarde de la boulangerie du coin. Il ressemblait plutôt à une grosse pierre cramée. Après avoir tapé dessus pour enlever le charbon et la farine autour, notre cow-boy l'a emmené au stand dégustation. Une fois découpé en morceau et nappé de sirop d'érable, à part le poids, ça n'avait plus rien du morceau de caillou...c'était même plutôt « yummy »! Quant au thé, ma foi, il était bon. En fait, c'est un thé noir classique. Sa particularité c'est le goût fumé qu'apporte la préparation au feu, ainsi que l'ustensile utilisé, la théière du bush nommée « Billy », un simple pot de fer muni d'un bec, d'un couvercle et d'une anse.

 

 

Après cette introduction gastronomique, nous avons assisté à une démonstration de rassemblement de mouton à cheval, et là les chiens de bergers (appelés « kelpies ») nous en ont bouché un coin. Ces chiens là ont ça dans le sang, je ne vois pas d'autres explication à leur zèle sans faille. Tantôt montés sur la croupe du cheval, tantôt en train de mordre les mollets des moutons, tantôt en train de leur marcher dessus, ils ont réussi en l'espace de quelques minutes à rassembler les bêtes éparpillées dans le champ, les faire entrer dans le corral et les trier.

Le plus bluffant, c'est leur technique pour faire avancer les bestiaux dans le couloir de triage : le chien court sur le dos des moutons qui, un peu effrayés, se tassent dans le fond. Il leur suffit de renouveler l'opération deux ou trois fois, en alternant avec des morsures de mollets pour obtenir un belle file de moutons compactés, prêts pour la tonte.

Dans l'absolu, c'était un spectacle un peu triste car ce sont quelques êtres plus malins qui exploitent les faiblesses du grand nombre, en l'occurrence l'instinct grégaire, le manque d'intelligence et la peur du mouton.

 

Finalement, nous sommes entrés dans l'arène, un hangar de tonte entièrement en bois, quasi d'époque, à ceci près qu'il y avait des gradins et une estrade sur laquelle trainait négligemment toute l'histoire de la tonte sous forme d'outils.

D'après les explications de notre homme à chapeau, la tonte s'avère être à la fois un art et un sport en Australie. Un art car la chose est délicate à la fois pour le mouton et le tondeur. Ce dernier doit porter un pantalon de toile épaisse et des chaussures renforcées pour se protéger des coupures (avant c'était de charmants petits chaussons de laine bouillie). Le maniement du rasoir doit être extrêmement précis pour ne pas écorcher le mouton ou endommager la toison.

Là où ça devient un sport, c'est qu'il faut en avoir dans les bras, le dos et les jambes pour maintenir et tondre des dizaines de moutons à la chaîne. Sans compter qu'il faut être compétitif : plus un tondeur sera rapide, mieux il gagnera sa vie et surtout plus il sera adulé de ses pairs et de toute la région. Les meilleurs tondeurs sont des fiertés locales, des légendes vivantes dont le dernier chronométrage fera la une des gazettes. On a même appris qu'il y avait des championnats de tonte. Celui qui détient le record en ce moment est Dwayne Black : il tond un mouton en 45secondes.

 

Après cet introduction au tondage, un des moutons s'est trouvé embarqué pour la démonstration. Je les soupçonne d'en avoir sélectionné un particulièrement paisible, car il s'est laissé assoir les fesses par terre, la tête coincée entre les jambes du tondeur, les quatre pattes tendues vers l'auditoire sans broncher. L'effeuillage a commencé dans un vrombissement (car ça a beau être ancestral, le rasoir électrique a remplacé le ciseau de tonte) : la toison de la tête, puis du cou a commencé à s'affaisser lentement et arrivé au corps ça a commencé à mal tourner pour le mouton. Le cow-boy s'est tourné vers l'assistance et a demandé : « Does somebody want to give it a try? ».

Par estrado-phobie et par peur de blesser quelqu'un (moi-même ou le mouton), je ne me suis pas porté volontaire. Mais apparemment tout le monde n'a pas eu les mêmes scrupules, car la pauvre bête est passé entre « les lames » de tous les gamins surexcités du groupe.

La toison obtenue, un peu chaotique, a été lancé au dessus d'une genre de tamis, la débarrassant de tous les morceaux détachés, puis on nous a expliqué qu'elle serait trié en fonction de sa qualité puis compactée en ballot carré de 100kg pour être emmenée dans les lieux de transformation. Nous avons ensuite pu nous approcher et tâter la laine, étonnamment douce et grasse.

 

 

C'est donc les mains pleines de lanoline que nous nous sommes approchés du buffet. Puis, après de bonnes grillades et des biscuits secs à se casser les dents (des « Anzac biscuits », nommés ainsi en hommage aux soldats australiens qui se sont battus contre les japonais, sûrement pour montrer à tous comment la guerre était dure), nous sommes passés à la pratique. Notre cow-boy (appellons-le Terry, ça sera plus simple), Terry nous a fait une démonstration de tournoiement et claquement de fouet et j'ai réalisé que ça n'avait rien à voir avec la gymnastique rythmique avec un ruban comme je faisais en CM2.

Déjà, il faut porter des lunettes des protections, ce qui en dit long sur le risque potentiel. Ensuite, la technique pour faire claquer le fouet est loin d'être facile à maîtriser. Terry nous a fait tester la « figure la plus simple », pas celle où le fouet tournoie en claquant au dessus de la tête, mais celle où il reste parallèle au corps. 

Quand Terry le fait ça a l'air ultra simple, mais une fois la chose dans les mains c'est une autre paire de manche. Le manche il faut le tenir dans la main droite, bras le long du corps, pointe du fouet qui s'étale derrière dans l'alignement du manche. Ensuite, il faut relever le bras à la verticale pas trop vite. Arrivés au zénith, il faut rabattre le fouet au sol d'un coup sec, sans toutefois se déboîter l'épaule, et en gardant le coude souple. Et normalement ça fait un claquement sec comme un coup de tonnerre.

Et là, je me suis découvert un talent caché. Au bout de la dixième ou quinzième tentative, alors que la plupart avait le fouet mou ou transformait la démo en séance d'auto-flagellation, j'ai réussi à faire sortir le fameux bruit de mon fouet! Ça s'est même reproduit plusieurs fois.

 

 

Le lancer de boomerang a été beaucoup moins glorieux. Je suis une quiche en lancée quelque soit l'objet ou la technique : cailloux pour ricochet, javelot, stylo, ballon...et maintenant je peux ajouter le boomerang à la liste. J'ai eu beau suivre les instructions, le prendre comme un revolver, le poser avec le bon angle sur mon épaule et le projeter devant moi, il s'est écrasé misérablement à cinq mètres de mes pieds, sans décrire la belle et longue courbe qui se doit.

Cela dit, j'ai appris des choses sur le boomerang. Par exemple qu'il existe plusieurs types de boomerang et qu'ils ne reviennent pas tous à l'envoyeur. Le returning boomerang était utilisé par les aborigènes comme jeu d'adresse et faisait l'objet de concours de lancers. L'autre type de boomerang plus lourd et moins courbé, appellé « killing stick » était une arme de chasse. Il était lancé en direction des oiseaux soit pour les atteindre directement soit pour les effrayer et les précipitant dans un filet posés au préalable dans l'arbre.

Dans tous les cas, cet objet lancé en pleine vitesse peut être dangereux. Enfin, tant que ce sera moi qui l'aura dans les mains, une chose est sûre : personne ne rsiquera rien.

 


Par capucine - Publié dans : Découvertes
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Vendredi 18 juin 2010 5 18 /06 /Juin /2010 13:38


 patte-chevre.jpg  Après notre sympathique rencontre avec la Red Back, nous avons continué de nous familiariser avec la faune « South australienne ». Personnellement, bercée par les chaos de la piste j'aurais bien roupillé un peu, mais les habitants du coin étant des vaches et des moutons, nous nous sommes heurtés à une bonne dizaine de barrières. D'habitude ce sont les "grids"* qui font le boulot de garder le troupeau à l'intérieur des enclos, mais là qui est-ce qui a dû descendre toutes les cinq minutes pour ouvrir et refermer les barrières après notre passage?

Je me plains mais en réalité j'étais plutôt contente de mon rôle d'ouvreuse de barrière, et ce pour deux raisons. Premièrement parce que dans « Les oiseaux se cachent pour mourir », un de mes romans préférés qui se passe dans l'outback australien, j'avais lu qu'il fallait ouvrir une vingtaine de barrières avant de pénétrer sur la propriété, et j'ai toujours trouvé ça fascinant. Du coup, rien qu'en soulevant un loquet et poussant une barrière, je me suis sentie dans la peau d'un personnage romanesque.

Deuxième raison : ça m'a permis de tomber sur un spectacle pas banal : des bouts de fourrure bicolore éparpillés sur la piste. Intrigués quant la provenance de ces pelures, j'ai inspecté les environs et je suis tombé sur bien plus incroyable : une oreille arrachée, puis des morceaux de pattes de chèvre avec les sabots. Les hypothèses sur la raison d'une telle dispersion du corps m'ont occupé pendant une partie du trajet.

Soit la bête a ingurgité un explosif (peu probable), soit elle s'est fait dévorée par une bête sauvage (mais à part la bête du Gévaudan, les prédateurs ne sont pas amateurs du démembrement), soit elle s'est fait renversée par le 4x4 d'un gars du coin, qui ne voulant pas gâcher tant de bonne viande, s'est saisi de sa machette à l'arrière et a pris ce qui l'intéressait, laissant pattes, oreilles et pelage au sol. Et la tête me direz-vous? Certainement encadrée sur le mur de la salle à manger!

Il y a quelques mois je n'aurais pas élaboré un tel scénario, mais connaissant un peu mieux les us et coutumes de l'outback, je ne m'étonne plus de rien...

 

* grid : grille de métal permettant de faire passer un véhicule mais empêchant le bétail de traverser (j'ai pas trouvé plus court comme définition...)

 

 

Par capucine - Publié dans : Enquête
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