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Lundi 28 juin 2010 1 28 /06 /Juin /2010 15:49


  arkaroola.jpg  Situé dans la partie nord de la chaîne des Flinders, Arkaroola est d'après le Lonely planet, le village le plus petit et plus isolé d'Australie : 5 habitants permanents.

On a vite compris pourquoi : l'unique piste qui mène au village (et nulle part ailleurs, c'est un cul de sac) est sinueuse et pleine de tôle ondulée, et le paysage alentour est complètement désolé, des montagnes rocheuses totalement dépourvue de végétation.

Mais bizarrement le charme opère. Oui, ce nid d'aigle possède une genre d'aura inexplicable.

 

En tout cas ce n'est pas le visitor center qui nous apportera des réponses sur la question. L'endroit a l'air d'avoir été déserté depuis des décennies : les papiers sont jaunis, les panneaux se décollent, les objets disparaissent sous des couches de poussière et des toiles d'araignée tapissent les vitrines. Pour ajouter au style « maison hantée », je découvre dans un sursaut un énorme python roulé en boule sur une table...Gaspard me rassure, il est en plâtre! Mais dans la pièce d'à côté il y a l'original, roulé dans la même position dans un vivarium. Je les soupçonne d'avoir fait le moulage directement sur lui et apparemment il n'a pas bougé depuis ça. Ce que je comprend vu l'ambiance mortelle qui règne dans la pièce. Je me demande qui a eu la cruauté de l'abandonner ici.

 

Ce qu'on devine à l'observation des lieux, on le découvre en feuilletant l'histoire de la région : Arkaroola a eu une enfance difficile...on peut même dire que c'est « Jo la poisse ».

L'endroit est découvert en 1840 par l'explorateur Edward Eyre arrivant par le mont Hopeless (ça aurait du leur mettre la puce à l'oreille). Les pionniers sont optimistes : sous ces roches inhospitalières, il doit bien se cacher un peu d'or...en guise d'or, c'est du cuivre que l'on découvre. Une petite ruée au cuivre qui s'essouffle rapidement vu la faiblesse du gisement. Une terrible sècheresse en 1863 achève de faire fuir tout le monde. Fausse joie.

En 1910, certains ne sont pas découragés et mettent la main sur un gisement d'uranium. C'est de nouveau l'excitation générale...sauf que une fois de plus Arkaroola ne tient pas ses promesses : le gisement, peu productif, est rapidement épuisé, et la région de nouveau déserté.

En 1937, on tente une nouvelle approche. Puisque niveau exploitation de rocaille, c'est pas trop ça, on se lance dans l'exploitation de bétail. Bilan quelques années plus tard : les moutons se cassent les pattes dans les rochers, meurent de froid puis de chaud, de faim et de soif! Il faut dire qu'il pleut une fois par an et que les rares végétations sont dévorés par les ânes et les chameaux sauvages rescapés de l'époque des pionniers (voir "bestiaire"). Et je ne parle pas des invasions de sauterelles.

Suite à cette dernière faillite, l'unique famille restante (les fameux 5 habitants!) décide de tenter la carte du tourisme : Arkaroola sera un parc national! Mais la série noire continue puisque le dossier est rejeté 3 ou 4 fois, jusqu'à ce qu'à force d'obstination, le massif obtienne le statut de « Wildlife sanctuary» en 1996.

C'est le happy end auxquel on ne croyait plus.


Ainsi à grâce au charme indescriptible (et visiblement addictif) de cette région sauvage, les australiens (et quelques jeunes français un peu fous) viennent visiter Arkaroola pour ses expéditions en 4x4 acrobatiques, ses sentiers de randonnées au milieu des falaises d'ocres et son observatoire astronomique.

 

Par capucine - Publié dans : Découvertes
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