Partager l'article ! Vous avez dit "sources chaudes"?: Arkaroola nous réserve encore des surprises. Vu les températur ...
Arkaroola nous réserve encore des surprises.
Vu les températures qu'il a fait ces derniers jours dans les Flinders, nous n'avons pas abusé de la douche solaire...Aussi lorsque nous avons appris qu'il se cachait à quelques encâblures d'Arkaroola une source chaude naturelle, nous avons flairé le bon plan : avec un bain, nous allions pouvoir lier l'utile à l'agréable.
Nous nous sommes rués sur le centre d'information pour recueillir plus d'information sur cette source miraculeuse, et là tous nos rêves de propreté se sont écroulés.
Car l'eau y est chauffée naturellement, certes, mais par des gisements souterrains d'uranium... C'est un phénomène unique au monde, paraît-il, mais bizarrement personne ne s'en vante trop dans le coin. En tout cas, niveau ablution, on repassera. Même respirer autour trop longtemps peut être « hazardous » vu qu'il s'en dégage des gaz de radium, d'hélium et autres composants chimiques plus ou moins nocifs.
Il n'en fallait pas plus pour piquer notre curiosité. L'accès n'étant pas interdit (il faut juste s'armer de patience et d'un 4x4 bien surélevé), nous avons fait le plein, réservé notre après-midi pour partir à l'aventure.
Au début, en roulant à 20km/h ça cahotait mais ça allait.
Jusqu'à ce que la piste bifurque en deux itinéraires : un panneau indiquait que l'un d'eux était pour 4x4 uniquement mais disposé de telle façon qu'il était impossible de savoir lequel il désignait. Le premier faisait grimper sur un dos d'âne qui ressemblait à un bout de piste noire de ski, le deuxième proposait un chemin à plat mais parsemé de rochers énormes qui n'allaient pas manquer de crever un pneu ou arracher le bas de caisse.
Après un long temps de délibération, nous avons opté pour le dos d'âne en priant pour que Pageo ne nous lâche pas en plein milieu.
Que nenni! En faisant chauffer à fond le moteur nous sommes arrivés en haut du dos d'âne et avons tout redescendu sans lâcher le frein.
C'était l'avertissement, c'était « Est-tu sûr que tu veux continuer? Parce que tu sais, tu vas en baver... ». Mais ignorant la voie de la sagesse, nous avons continué à nous enfoncer dans ces montagnes inhospitalières, et effectivement nous avons serré les fesses plus d'une fois au cours des heures suivantes...des traversées de lit de rivières hérissées de caillasses pointues, des portions étroites avec vue plongeante sur le vide, des montées cabossées et glissantes. Autant dire que Pageo nous a secoué en tout sens, c'était pire qu'un tour de dromadaire.
Malgré la route accidentée, ou plutôt grâce, nous avons eu le temps d'admirer le paysage, qui était aussi splendide que sauvage : eh oui, deux heures pour faire 26 km. Au bout de ces deux heures éprouvantes on s'est mis à espérer qu'on s'était pas cassé les pneus, les suspensions et la colonne vertébrale pour rien. Elle avait intérêt à assurer cette source chaude!
En fait, elle était tellement grandiose qu'on a du mal à la trouver. Après avoir fait le tour à pied de la zone indiquée, on s'est rendu compte que le bassin principal c'était la marre verdâtre qu'on avait passé en premier. Quoi? C'est ça le phénomène unique au monde?
La première déception passée, on s'est rendu compte en observant de plus près qu'il se passait des trucs assez marrant là-dedans. Déjà, la couleur verte de l'eau, se détachant sur les rochers ocres, puis la fumée qui se dégageait par endroit (des vapeurs de radium et d'hélium mais pas assez pour nous donner une voix bizarre) et des flopées de bulles s'échappant des profondeurs. En bref, on se serait cru devant la marmite d'une sorcière.
Amusant, certes, mais cela valait-il le coup de se cogner 4h de route (cogner étant exactement le bon terme) ? On ne s'est pas posé la question trop longtemps car il fallait qu'on garde un peu de courage pour les 2h du retour...
Epilogue : Finalement on a pas regretté une seconde cette folle expédition (car mettre en danger notre Pageo pour aller s'irradier devant une marre effervescente n'avait rien de bien rationnel). Déjà on fait partie des rares personnes à avoir vécu cette expérience et en plus maintenant on sait qu'on peut rouler vraiment partout!